Seigneur,

Ta Parole est plus grande que nous,
plus profonde que nous.
C’est en elle que nous nous élevons.
C’est par elle que nous nous abaissons.
Elle est refuge pour l’exilé et exil pour le suffisant.
Comment ferais-je sans elle pour prier?
Comment ferais-je pour pleurer ?
Pour espérer?
Pour me justifier ?
Quand je suis en danger,
elle m’enveloppe ;
quand je rêve,
elle me protège des cauchemars.
Que ta Parole nous pénètre et nous abreuve.
Pour que nous puissions recevoir d’elle
ce que la vie a de plus beau et de plus généreux :
cet élan qui porte vers Toi!

Amen

Elie Wiesel

 

*****

 

Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire,
un temps pour se lamenter et un temps pour danser
Ecclésiaste 3, 4

***

Dieu conduit Moïse et son peuple au désert,
hors d’Égypte,
 Pharaon regrettant déjà d’avoir laisser partir ses esclaves,
attelle son char et prend son peuple avec lui.
Il prend six cents chars d’élite, et tous les chars d’Egypte,

chacun avec des écuyers.

Les Egyptiens les poursuivent
et les rattrapent.
Ils les trouvent en train de
camper au bord de la mer
— tous les attelages du Pharaon,
ses cavaliers et ses forces.

 

Les Hébreux prennent peur
et crient vers le SEIGNEUR

Ils disent à Moïse :
« L’Egypte manquait-elle de tombeaux que tu nous aies emmenés mourir au désert ?

Que nous as-tu fait là, en nous faisant sortir d’Egypte ?

Ne te l’avions-nous pas dit en Egypte :
“Laisse-nous servir les Egyptiens !
Mieux vaut pour nous servir les Egyptiens que mourir au désert.” » 

Moïse dit au peuple :
« N’ayez pas peur ! Tenez bon !
Et voyez le salut que le SEIGNEUR réalisera pour vous aujourd’hui.

Vous qui avez vu les Egyptiens aujourd’hui,
vous ne les reverrez plus jamais.

C’est le SEIGNEUR qui combattra pour vous.
Et vous, vous resterez cois ! ».

Le SEIGNEUR dit à Moïse :
« Qu’as-tu à crier vers moi ?
Parle aux fils d’Israël : qu’on se mette en route ! 

Et toi,
lève ton bâton,
étends la main sur la mer,
fends-la,
et que les Hébreux pénètrent au milieu de la mer à pied sec.

Moïse étend la main sur la mer.
Le SEIGNEUR refoule la mer toute la nuit par un vent d’est puissant et il met la mer à sec.
Les eaux se fendent,
et les Hébreux pénètrent au milieu de la mer à pied sec,
les eaux formant une muraille à leur droite et à leur gauche
.


L’armée du Pharaon les suivent,
mais Moïse étend le bras sur la mer
et la mer se referme.

Les Hébreux avancent sur une terre sèche,
une terre où ils ne seront plus esclaves mais libres !

Alors, avec le peuple, Moïse chante !

La prophétesse Myriam,
sœur de Moïse et d’Aaraon,
prend en main le tambourin ;
toutes les femmes sortent à sa suite,
dansant et jouant du tambourin.
Et Myriam entonne :
« Chantez le SEIGNEUR !


d’après Exode 15

 

Exprimer sa joie : le chant de Myriam
Méditation de Ninon Guignard

 

Sortir peu à peu du confinement :
quelle joie !

Joie de revoir sa famille,
les amis,
les collègues,
les connaissances,

Joie de voir les bien-aimés
visage à visage,
Quelle joie !

 …

Pourtant…

La maladie,
voire la mort,
reste tapie dans l’ombre.
La situation pécuniaire de beaucoup est alarmante.
L’angoisse est devenue le quotidien de multitudes.

Dès maintenant
et pour longtemps encore.

Comment alors me réjouir pleinement ?
La joie a comme un goût d’amertume.

Ai-je le droit ?

Tous les matins,
nos frères et sœurs juifs commencent leur prière
avec le cantique de Myriam.

Myriam,
la sœur de Moïse.
Elle a veillé sur lui
lorsque le pharaon s’en prenait aux petits enfants.

 …

Avec leur peuple,
ils ont fui l’Egypte,
traversé la Mer Rouge.

Ils viennent d’échapper
à une longue période d’exil,
d’assujettissement,
d’humiliations…

 

Maintenant,
Myriam et Moïse,
chacun son tour,
entonnent un chant de louange,
un chant de joie.

Chantez pour le Seigneur !

 

Un chant de joie pure,
sans arrière-pensée.

 

C’est Moïse qui commence :

« Voici,
Dieu est ma délivrance,
je me rassure,
je ne tremble pas.

J’ai confiance,
le Seigneur est mon énergie.
Il est mon chant. »

(Esaïe 12, 2)

 

Myriam prend alors un tambourin
et entraîne toutes les femmes
qui se mettent à chanter
et à danser avec leurs instruments.

 

Dieu est ma force,
c’est lui qui m’a sauvée.

Chantez le Seigneur.

 

Pourtant…
Si derrière eux,
la vie était pénible et angoissante,
celle qui s’ouvre devant eux
n’est guère plus réjouissante.

 

La liberté,
certes,
mais à quel prix !

 

Une marche épuisante,
interminable,
les privations …
le désert quoi !

 

Chanter sa joie dans la tristesse.
Dans la détresse.
Pour continuer à marcher.

 …

Pourtant…
Cet intermède de joie sans mélange est capital.

 

Dans la Bible
l’apôtre Paul ne nous promet pas
des jours exempts de difficultés,
et pourtant il nous propose :
Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur;
je le répète, réjouissez-vous.

(Philippiens 4, 4)

 …

Dieu creuse en nous un espace

qu’il remplit d’espérance et de joie.

Un espace

qu’Il vient habiter.

 

**********

 

À la croisée de mes peurs
là où plus rien n’est ami,
tu as surgi, toi l’inconnu
il faisait nuit,
il faisait mal,
je ne savais rien de ton étoile

 

A la croisée de mes blessures,
quand tout n’est plus que brûlure,
tu t’es chargé, toi l’inconnu,
du fardeau de mes jours:
dans tes bras un trésor
je ne savais rien de ton corps

 

A la croisée de mes vertiges
là où tu t’es sable mouvant
tu m’as assuré sur le roc, toi l’inconnu
tout contre ma joue ton visage
je ne savais rien de ton voyage

 

A la croisée de mes naissances
quand tout prendra sens,
tu reviendras, toi mon prochain de toujours
et déjà voici le jour:
l’auberge ne ferme plus,
la table est mise,
j’ai tout appris de toi,
la mort crucifiée,
le pain de vie au creux de ta main
dans mes veines le feu de ton vin

 

A la croisée de nos prières
avec nos proches en multitude
nous te faisons fête,
Dieu inespéré,
Dieu mille fois donné,
tu savais tout de nous
et nous chantons ton Nom de gloire…

Lytta Basset